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Cedric Jouteux,
23 ans, Compagnon couvreur
Je suis parti pour une période de un an en Hongrie. Sur place, après un mois de cours de langue, j’ai pu aller travailler dans une entreprise à Budapest.
Pour commencer, il faut savoir qu’en Hongrie il existe une différence entre le métier de couvreur et celui de zingueur, d’ailleurs lorsque nous traduisons du hongrois au français cela signifie ferblantier en bâtiment, ce qui est une différence par rapport à notre statut en France. Ceci n’est pas un handicap insurmontable, car sur le Tour de France nous avons l’habitude de changer de matériaux.
J’avais un peu d’appréhension sur les conditions dans lesquelles j’allais travailler par rapport à la sécurité, au matériel, au travail, aux intempéries, au salaire... Comment cela allait-il se passer.
Appréhensions liées à ma méconnaissance de ce pays et certainement aux fausses idées que j’avais, idées souvent véhiculées par les médias.
J’eus rapidement les réponses à mes interrogations. Une fois dans l’entreprise, je fus agréablement surpris par le matériel que je n’avais jamais eu l’occasion de voir auparavant sur mon Tour de France. Par exemple, une plieuse de 3 mètres à 6 programmes, une plieuse à galets, de très bonnes conditions pour faire du bon travail.
Je fus très surpris par leur sens de l’hospitalité, ce sont des gens très patients, prêts à expliquer plusieurs fois s’il le faut, très serviables, et qui ne se plaignent que très rarement de leurs conditions de vie.
J’ai pu faire un peu le tour des principales villes hongroises et me rendre compte des matériaux utilisés en couverture ; peu d’ardoises, uniquement sur quelques bâtiments, mais très rares. Des toitures en chaume, surtout autour du lac Balaton, aussi répandues que le shingles. Enormément de tuiles mécaniques petit moule et des tuiles plates écaillées, couvertes comme nous en trouvons en Alsace. Souvent les clochers des églises sont en métal.
J’ai pu aussi découvrir sept autres pays frontaliers de la Hongrie lors de mes excursions (Autriche – République Tchèque – Ukraine – Roumanie – Yougoslavie – Croatie et Slovénie) et je dois bien vous avouer que je ne savais pas qu’il y en avait autant avant de m’y rendre. Je suis allé aussi en Turquie, notamment pour y admirer toutes les toitures, en plomb, des moquées d’Istanbul.
Ce fut une riche année à tout point de vue, même affectif. Il faut savoir que le métier tel que nous le connaissons et tel qu’il est pratiqué en France est bien différent ailleurs. Si je n’avais pas franchi le pas, je ne m’en serais pas autant aperçu.