(in English below)

« Dans la vie de tous les jours si on peut se mettre toujours en difficultés, de se confronter à ça, je trouve que c’est une bonne école de la vie »

Voici le portrait de Robin Fayard, apprenti menuisier parti en juin 2021 en Irlande. Dans un coin de la campagne irlandaise, il nous raconte :

 

L’arrivée à Clonmel et l’auto-confinement

Clonmel fait partie du Comté de Tipperary, situé au sud de l’Irlande, entre Waterford et Cork. Ici on se sent à la campagne. Cela permet une vraie immersion dans la culture irlandaise. Je suis arrivé en juin 2021, durant les deux premières semaines j’ai dû me confiner car c’était la règle pour les arrivants français en cette période de crise sanitaire. Je loge en colocation dans une maison dont la propriétaire est l’épouse du patron de l’entreprise où je fais mon alternance. Avant moi, il y avait un jeune français qui est parti. Nous avons fait la passation de la chambre, ça a été une expérience assez agréable. Je vis avec une Italienne, un Irlandais et une Irlandaise. C’est une expérience interculturelle qui me permet de travailler mon anglais à fond. Je trouve ça génial !

L’entreprise et mes collègues

Mon patron est un compagnon qui a créé sa société en Irlande, ce qui me rassurait en termes de démarches administratives. Mes collègues sont Irlandais, ils sont compréhensifs envers moi et font attention à utiliser un langage clair et simple. Ils essayent de parler doucement, ils sont trèspédagogues en ce sens. Concernant mon rôle dans l’entreprise, je travaille le bois massif. Cela signifie beaucoup d’apprentissage et de bienveillance de la part de mes collègues car en France, j’ai surtout fait de l’agencement. Bien que le travail du bois massif ne m’était pas totalement inconnu, c’est une belle découverte !

Le métier

Les différences avec la France, sont plutôt au niveau de la demande des clients. En France, on est moins habitué à acheter une table à 400 euros chez un menuisier. Ici, ils vont acheter plus de mobilier assez cher et élaboré. L’entreprise où je fais mon stage fabrique des produits haut de gamme. Elle a des chantiers assez onéreux et plutôt impressionnants. La culture du bois en Irlande est similaire à celle de la France. Au niveau des machines, on est sur le même type de machinerie, ça pour le coup c’est assez confortable. Par exemple, j’ai retrouvé une commande numérique de la même marque que celle que j’avais en France. La grosse différence pour moi est que je n’exerce pas le même métier. Tout est plus ou moins nouveau sur le travail du bois mais les techniques sont similaires aux techniques françaises.

Mon temps libre

Dernièrement mes weekends sont très occupés. J’ai aidé mon patron à faire une extension de sa maison, nous avons fait du lambris, j’ai même fabriqué un lit. Le reste du temps c’est la découverte du pays. Avant j’utilisais les transports en commun. Maintenant, je possède une voiture qui me permet de découvrir des coins moins accessibles. Je fais aussi de la cuisine ainsi que l’entretien de la maison. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Mon objectif pour 2022 est de m’inscrire dans un club de football. Cela me permettra de connaître davantage la culture irlandaise et de rencontrer plus de gens.

Les Irlandais

Les Irlandais sont assez bienveillants. Leur particularité est qu’ils sont sympathiques en façade mais qu’ils n’accordent pas leur amitié aisément.  Si je vais à un pub une soirée, je vais facilement faire des rencontres, être intégré dans des groupes et  pouvoir discuter avec mon voisin de bar.

Mais c’est très rare qu’après ils rappellent pour organiser une soirée ou une sortie. Ici c’est plus la découverte au jour le jour. Je trouve qu’ils sontmoins intimes que dans la culture française. Au travail ils sont très sympathiques, très à l’écoute et ils sont là pour m’aider. Ici j’ai pu découvrir le football gaélique et le hurling gaélique. Ces sports typiques de l’Irlande sont vraiment impressionnants à voir ! Ici tous  les jeunes les pratiquent,il y a une grosse ferveur autour d’eux. L’été dernier il y a eu un championnat national représentant dix comtés. Il y avait une euphorie à Kork,qui est arrivée en finale. J’ai regardé le match dans un pub et il y avait beaucoup d'émotions. C’était génial.

Avant le départ

J’avais déjà entendu parler d’Erasmus, notamment dans l’école d’architecture où j’ai fait trois ans d’étude. C’est durant ma deuxième année de CAPque j’ai ressenti que c’était le bon moment pour saisir cette opportunité. Je me suis renseigné auprès du service international sur la possibilité de partir à l’étranger et on m’a parlé d’Erasmus Pro. Le voyage s’est mis en place assez facilement. J’étais très content !

Etant attiré par les paysages et la culture anglophone, au début j'hésitais entre l’Ecosse et l’Irlande. Avec le Brexit, la possibilité de partir en Ecosse s’est écartée. Heureusement, l’Irlande fait toujours partie des destinations anglophones avec peu de contraintes administratives. J’ai trouvé une entreprise assez facilement. Mon souhait était d’être éloigné des grandes villes cosmopolites qui offrent des expériences plus internationales. Mon but était de faire une immersion réelle dans la culture irlandaise.

Mes appréhensions ?  la langue, car j’avais eu des cours d’anglais en CAP, mais je ressentais que cela n’était pas suffisant pour travailler et pour vivre dans un environnement anglophone. Ce que je peux conseiller, c'est de se lancer, même si ça peut faire peur.  Après on n’est jamais tout seul, il y a toujours du support : les itinérants, les anciens, le réseau familial et encore le service international des Compagnons.

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Portrait : Robin Fayard, apprentice joiner on mobility in Ireland  (Erasmus Pro)

“ On a day-to-day basis, if you can get through difficult experiences, I think that’s a good school of life.”

Here is a portrait of Robin Fayard, an apprentice carpenter on mobility in Ireland since June 2021. He recounts his experience from the heart of the Irish countryside :

Arrival in Clonmel and self-isolation

Clonmel is in County of Tipperary, which is located in the south of Ireland, between Waterford and Cork. Here we are really in the countryside and this allows a real immersion in Irish culture. I arrived in June 2021, and during the first two weeks I had to self isolate  because this  was the rule for French travellers due to the pandemic. My boss' wife is the owner of the house where I live. Before me, there was a young Frenchman and I took over his room which worked out well. I live with an Italian, and two  Irish housemates:    an intercultural experience that is great for improving my English!

The company  and my colleagues 

My boss is a Compagnon  who started his company in Ireland and this reassured me in terms of administrative procedures. My colleagues are Irish and are careful to use simple  language and to speak slowly and  are very pedagogical in this sense. Concerning my role in the company, I'm working on solid wood projects rather than fittings that I mainly work on in France.  There’s a lot to learn but my colleagues are patient and it’s an interesting discovery. 

The joiner’s trade 

As for the trade, the differences with France are mainly  at the level of customer demand. In France, we are less used to buying a table for 400 euros made by a joiner whereas here, they will buy more expensive and elaborate furniture and the company where I am doing my internship makes high-end products with many elaborate and impressive projects. The wood trade culture in Ireland and in France is similar. We have the same type of machinery which makes things easy. For example, I use the same digital control brand that I use in France. The big difference for me is that I don’t do the same job. Everything is more or less new in terms of woodworking but the techniques are similar to French techniques.

My free time

Recently  my weekends have been very busy. I helped my boss make an extension of his house, we made wood panelling and I even made a bed. The rest of my time is devoted to discovering the country. I used to use public transport but now I own a car that allows me to reach less accessible corners. I also cook and maintain the house so I don’t have time to get bored. My goal for 2022 is to join a football club. This will allow me to learn more about Irish culture and meet more people.

The Irish people

The Irish people are fairly kind. Although they are friendly,  contacts tend to remain superficial. If I go to a pub one night, I will easily meet people, mix and chat with my  neighbour at the bar.  But it is rare that  they call back to organize a party or an outing. It's a day to day process of discovery but overall  I find the culture less intimate than than in France. At work they are very friendly, very attentive and they are there to help me. Here I discovered the Irish sports of Gaelic football and Gaelic hurling and they are really impressive to see!

Here all the young people practice them and there is a great fervor around them. Last summer there was a national championship representing ten counties and a euphoric atmosphere in Cork, who made it to the final. I watched the game in a pub and there was a lot of emotion. It was great!

Before departure

I had already heard about Erasmus, especially in the architecture school where I did three years of study. It was during my second year of CAP that I felt that it was the right time to seize this opportunity. I asked the international service about the possibility of going abroad and they told me about Erasmus Pro. The trip was organized quite easily. I was very happy!

Being attracted by the landscapes and the anglophone  culture, at first I hesitated between Scotland and Ireland. With Brexit, the possibility of going to Scotland was lost. Fortunately, Ireland is still one of the English-speaking destinations with few administrative constraints. I found a company quite easily. My wish was to be away from the big cosmopolitan cities that offer more international experiences. My goal was to have a real immersion in Irish culture.

My concerns?  the language because I had had English classes in CAP, but I felt that this was not enough to work and live in an anglophone environment.

 

I  advise others  to go for it, even if it can be scary.  After all, you're not alone and there is always support from the network of the Compagnons du Devoir,  the family  and also  the international service.

     

Credit photos: Robin Fayard